Points de vue

Lettre au prisonnier Ali Amar

6 décembre 2020

Salam Ali,

Je regrette que tu aies choisi la voie de l’humiliation à celle de la dignité. Ton communiqué au sujet de l’affaire Radi-Stitou est le signe d’une capitulation. Cette affaire pouvait être l’occasion pour toi de se racheter. D’effacer un lourd passif. Tu as opté pour tes méthodes habituelles : la délation, le verbe empoisonné, les menaces et les tentatives de jouer dans les coulisses pour se tirer d’affaire. Hier, un livre à charge contre ta source princière, aujourd’hui un communiqué empoisonné contre Omar, sa famille et ses soutiens. Trop tard.

Tu es déjà prisonnier. Prisonnier de tes bourreaux, prisonnier de tes concessions qui deviennent des compromissions. Omar Radi, dans sa cellule de prison, demeurera un homme libre et digne. 

Le makhzen t’a poussé à bout. Il t’a sali, il s’est permis de faire de ton domicile familiale une fausse « scène de crime ». Face à ces attaques tu as choisi la servitude volontaire. L’humiliation. Cette « Ombre-là » n’utilise ni téléphone ni messager pour menacer. Le makhzen a confiance dans la discipline des personnes humiliées qui elles-mêmes s’alignent sur les besoins souhaités. Tu crois pouvoir t’en tirer ? Le makhzen de 2020 ne négocie pas. Il te demandera toujours plus, juste pour t’humilier.

Ton communiqué, par son niveau de violence et d’hypocrisie, révèle une deuxième chose : tu as peur. Peur de tout perdre, peur de la prison, peur de perdre ton confort de petit bourgeois. A la première audition chez le juge, tu as craqué. Tu paniques.

A l’opposé, Omar Radi. Lui, il a passé 12 interrogatoires, plusieurs auditions et un harcèlement de tout l’appareil de l’Etat et il n’a pourtant pas cédé. Il est resté droit dans ses bottes.

La famille Radi comme les Comités de soutien et les membres de la Défense ont choisi dès le départ de t’éviter toute gène dans cette affaire. Nous avons choisi, sans commun accord, de te laisser le droit de choisir ton positionnement dans la suite de cette sale affaire. En somme, tu avais trois options : 1. Tu pouvais garder le silence. 2. Prendre la défense d’Omar et d’Imad et par la même occasion défendre ta dignité face à cette machination visant ta vie professionnelle et privée et sortir par la grande porte. 3. Faire le choix de l’humiliation. Tu as opté pour cette troisième option. Tant pis pour toi.

Le combat pour la liberté d’Omar et d’Imad continuera à se faire avec dignité et honnêteté.    

S. Lemaizi

PS : Dans ton communiqué, tu te plains de n’avoir pas été invité aux réunions du Comité de solidarité.  Sache qu’une réunion militante n’est pas un diner mondain. Les personnes sincères qui veulent contribuer à une cause juste n’ont pas être invitées, elles se manifestent et font preuve d’altruisme.   

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