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De quoi « Barlamane » est-il le prête-nom ?

13 février 2019

Cette officine traduit un tempo médiatique, dicté par les sécuritaires.

Prête-nom: Personne ou entité qui assume les responsabilités d’une affaire, d’un contrat à la place du principal intéressé. Cette définition s’applique à Barlamane.com.

Le slogan de Barlamane:  » Le droit à l’information pour tous »

Du scandale « Zefzafi » à la polémique « Amina Mae Elainine », Barlamane.com s’est illustré comme un média de propagande sur le web. Ce canal d’information des « sécuritaires » s’est fait connaitre du grand public pour sa diffusion de photos et de vidéos provoquant scandales et polémiques. Cette officine traduit un tempo médiatique, dicté par les sécuritaires. Retour sur les sources d’un projet médiatique sulfureux et dans l’air du temps.

Barlamane.com, serviteur de l’Etat 

Barlamane.com  a été créé pour devenir le support médiatique de fuites voulues, animées et « sourcées » par un acteur particulier : l’aile sécuritaire du pouvoir au Maroc. Avec d’autres sites similaires, sa mission n’est pas l’information, mais plutôt salir une galaxie de personnes critiques ou indésirables par le pouvoir politico-sécuritaire. Sa force de frappe se voit ainsi démultiplier grâce à du contenu provenant essentiellement de milieux sécuritaires, usant eux-mêmes de ce canal pour passer leurs messages à qui de droit. 

Ce site a été créé en 2014 par Mohamed Khabachi. Cet « homme de médias » a dirigé l’agence MAP en 2003. Un poste qu’il a occupé jusqu’à 2009. « Ce serviteur de l’Etat », comme le décrit le journaliste Jamal Berraoui revient au service en 2010 en tant que directeur de communication au ministère de… l’Intérieur.  Par la suite, il fonde une officine médiatique nommé Sahara Média Agency en Mauritanie, oscillant entre lobbying et business.

C’est cette entreprise qui finance officiellement Barlamane.com. Khabachi est un l’homme de paille de cette entreprise. En 2016, ce « média » comptait une équipe de 12 salariés, travaillant dans le siège du site à Rabat. Le chiffre d’affaires publicitaire serait faible. C’est un site à perte pour Sahara media agency. Mais le gain pour Khabachi n’est pas que pécuniaire.  

Résumons : Ce média de propagande est fondé par un responsable médiatique expérimenté, sensé maitriser les rouages du métier et ce qui l’obligerait à faire preuve d’un minimum de respect de la déontologie des médias. Or, dans les faits, nous sommes face à un média non professionnel et multirécidiviste, en matière de violation de la vie privée et du secret d’instruction. Pourtant, Barlamane.com demeure un média protégé par le pouvoir politique et judiciaire.

Lors de l’enquête ouverte suite à la diffusion par Barlamane.com d’images de Nasser Zefzafi, leader du Hirak, au moment de son passage devant la BNPJ, le parquet décide de clôturer l’instruction car ce média a refusé « de divulguer ses sources ». Un respect de la protection des sources qui équivaut à un deux poids, deux mesures. Un traitement exceptionnel dans une affaire de presse et d’édition au Maroc. Alors, de quoi Barlamane est-il le prête-nom ?

Ce média de propagande, avec de nombreux canards en ligne, porte les germes du projet médiatique d’envergure mené depuis 2008 pour le contrôle de la presse écrite marocaine, par divers moyens :

  • Le projet médiatique de Barlamane.com est symptomatique de cette OPA du pouvoir sur la presse.
  • Le projet médiatique de Barlamane.com caractérise la grave crise de la déontologie de la profession
  • Le projet médiatique de Barlamane.com symbolise la capacité donnée à des personnes proches du pouvoir à financer de manière occulte ces médias.
  • Le projet médiatique de Barlamane.com résume la volonté du pouvoir à salir (encore plus) l’image des médias et des journalistes, qui sont désormais associer à ce type de médias crapuleux.

PS : Pour un portrait complet de Khabbachi, je renvoie vers l’excellente enquête du Le Desk.

S. L.

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