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De quoi la Couv’ de Maroc hebdo est-elle le nom ?

7 juillet 2015
Cette couv' a été retirée des kiosques.
Cette couv’ a été retirée des kiosques.

La couverture homophobe de Maroc Hebdo International (MHI), du 12 juin 2015 est un nouveau dérapage de la presse marocaine sur des thèmes touchant aux minorités sexuelles. Elle est aussi le nom d’un malaise dans la profession journalistique au Maroc. 

 

 

 

 

MHI n’est pas à son premier dérapage. Le même newsmag a commis une couverture raciste en 2012. L’opinion publique, plus précisément des Marocains sur les réseaux sociaux, s’indigne à chaque reprise que MHI s’attaque très maladroitement à des thèmes et des catégories sensibles de la population. Or, les dérapages de ce magazine sont récurrent et légion. Chiisme au Maroc, pauvreté, relation Maroc-France, relation Maroc-Algérie, sur ces différentes thématiques le magazine signe des couvertures déplorables. Le droit à l’image n’est pas toujours respecté, la neutralité et l’honnêteté intellectuelle du journaliste n’est pas toujours au rendez-vous. On peut faire du journalisme d’opinion…mais on ne peut faire l’économie des règles d’une profession.

Cette couverture a créé la polémique.
Cette couverture a créé la polémique.

Maroc Hebdo fait-il figure de malheureuse exception dans le paysage de la presse écrite ? Hélas, non, les pratiques de MHI sont la norme dans la presse arabophone et francophone. Comment sommes-nous arrivés à cette situation ?

Mes hypothèses :

  • Manque de déontologie. MHI est un journal pionnier de la presse magazine au Maroc. Son directeur est un vieux routier du journalisme. Il a présidé la FMEJ et il préside l’OJD. Mohammed Selhami a été de tous les débats sur le Code de la presse et les chartes de déontologie. Au finish, ce même journal bafoue les propres règles qu’il s’est lui-même fixé.

    Sans commentaire.
    Sans commentaire.
  • Nivellement par le bas. L’existence d’une presse relativement libre, indépendante, plurielle et de qualité entre 1998 et 2010 au Maroc avait permit aux journaux proches du pouvoir politique, de s’essayer au jeu de la concurrence en améliorant leur production. Après la fin de cette décennie, le reste de la presse se contente de la médiocrité et de sujets surannés. Tant que sa survie économique est garantie par ses généreux bailleurs, cette vise le minimum.

    "Menaces", "Péril", presse anxiogène
    « Menaces », « Péril », presse anxiogène
  • Des journalistes sans rédaction. L’avis des journalistes n’est pas pris en considération dans la fabrication dans la très grande majorité journaux (choix des sujets, couvertures, titres, illustrations). C’est le cas dans plusieurs de rédactions et MHI ne devrait pas y échapper. Si c’est le contraire, comment alors les journalistes de MHI auraient pu laisser passer de telles couvertures ? Une rédaction est d’abord un espace de débats entre ses membres…Un espace qui devrait assurer le maximum de liberté à ses membres. En disant ceci, je risque d’être taxé de rêveur, mais ce qui est un rêve pour certains, n’est que la norme dans toutes les rédactions qui se respectent dans le monde.
  • Sous-effectif. C’est le plus grand mal qui frappe le journalisme marocain actuellement. TOUTES les rédactions fonctionnent avec des effectifs réduits, ne laissant plus de place pour réaliser un travail professionnel, mettant les équipes sous-pression, ouvrant la grande la porte ouverte aux erreurs et aux dérapages.

    Photo utilisée hors contexte.
    Photo utilisée hors contexte.
  • Sous-investissement. Sous prétexte de crise de la presse écrite, l’immense majorité des patrons de presse ont décidé de stopper tout projet d’investissement pour améliorer le contenu de leurs médias.             Salaheddine Lemaizi
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