Points de vue

Notes sur une rencontre interdite de journalistes

15 février 2015

La Fondation allemande Friedrich Naumann pour la liberté a organisé le 23 et 24 janvier à Rabat un congrès sur la situation des médias au Maghreb. Des notes rapides sur deux journées enrichissantes.

Liberté de la presse 1
De g à d, l’Egyptien Karem Ismail, Rachid Tarik et Ali Anouzla.

Des journalistes marocains et des défenseurs des droits humains ont participé à cette rencontre. Parmi les participants des invités d’Algérie, d’Égypte, de France et de Tunisie. Cette rencontre a été marquée par d’intenses débats sur l’actualité des médias dans la région. Les participants ont bravé l’interdiction des autorités.

Frustrations. La teneur des débats, quelques fois tendus, et souvent confus, me semble révélatrice d’une chose ; au Maroc, notre profession manque d’espaces de débat pour discuter de notre métier, de nos pratiques, de notre actualité et de nos (nombreux) problèmes. Durant ces deux jours, les débats partaient –par moments- dans tous les sens. Les disciplines et les concepts étaient utilisés tous azimut. Pourtant, certains de ces débats ne sont pas nouveaux.

Couples. Les couples journaliste citoyen/journaliste professionnels et journaliste/militant ont fait l’objet également d’âpres discussions. Une phobie a été affichée de la part de certains journalistes face à l’émergence d’un journalisme citoyen conquérant. Dans le cas du deuxième couple, une partie de l’assistance a fait le distinguo entre la profession de journaliste, et la position du militant. Aucune réponse définitive n’a été apportée, ces débats devraient se prolonger avec plus de profondeur…

Confusion. Un autre couple, Liberté de la presse/Liberté d’opinion, a été l’objet d’un débat intéressant entre les participants. La première liberté est un exercice normé par des textes et de chartes d’une profession. Le deuxième genre est une liberté de tous les citoyens d’exprimer librement leurs opinions selon les conventions internationales (Ex : Déclaration universelle des droits de l’homme) et les lois du pays.

Investigation. Le journalisme d’investigation est un terme à la mode. De nombreuses personnes se revendiquent journalistes d’investigation, pourtant le Genre journalistique a du mal à se traduire sur les supports médiatiques marocains par des productions de qualité.

ChrisColeman. Ces fuites sont un abcès au sein de la profession. Dès l’évocation de cette affaire, le débat vire au vacarme. Pourtant, ces fuites sont une mine d’or sur le fonctionnement de notre système médiatique.

AMDH. Merci à l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH) qui n’hésite pas héberger dans ses locaux de Rabat et ailleurs toutes les initiatives et activités interdites sur le territoire. Chapeau !

S.L.

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