Economie des médias

Douloureuse transformation au quotidien Al Khabar

24 décembre 2014

Le quotidien Al Khabar a changé sa périodicité pour se transformer en hebdomadaire. Cette conversion est douloureusement supportée par l’équipe de ce média.

Incapable de sLe premier numéro d'Al Khabar hebdomadaire.’imposer sur le créneau fortement concurrentiel des quotidiens arabophones depuis quatre ans, la société éditrice d’Al Khabar a du se replier sur le segment des hebdos. Pour accompagner ce nouveau positionnement, une restructuration est en cours au sein de la rédaction. Le directeur de publication a été démis de ses fonctions par le richissime Abdelhadi El Alami, propriétaire d’Al Khabar. Ensuite, le siège de cette publication a été déplacé de Casablanca à Rabat. Enfin, les heures de travail ont été réduites de moitié pour les journalistes et les techniciens pour une durée de deux mois renouvelable.

Face à ces décisions, le syndicat de cette rédaction affilié au SNPM a publié un communiqué où il refuse ces décisions. « Nous exigeons le respect des engagements pris dans le cadre de nos contrats initiaux  et nous refusons toute atteinte à notre stabilité professionnelle », affirme-t-il. En juin 2014, la direction d’Al Khabar avait licencié plusieurs journalistes pour avoir créés ce bureau syndical

Les journalistes supportent seuls le coût de la crise

Dans son premier édito, Al Khabar Al Asbouiî justifie cette transformation par les mutations en cours dans la diffusion de l’information. L’éditorialiste promet aux lecteurs « un journalisme de précision, d’investigation et d’analyse ». Espérons le meilleur destin à cette expérience médiatique. Il demeure que cette transformation cache mal une volonté de mettre fin à cette expérience. Le propriétaire de cette publication dispose déjà de deux hebdomadaires, Al Maghrib Al Yaoum et Le Temps, édités par la société Media Ten, tous deux certainement déficitaires. Pourquoi il va continuer à renflouer les caisses d’un troisième canard déficitaire ? Je rappelle que cet investisseur dans le secteur du tourisme avait déjà interrompu dans les années 90 la parution de deux autres publications, Maghrib Magazine et Maghrib al youam.

Dans le cas de Al Khabar et vu sa maigre diffusion et sa faible notoriété, les milieux politiques et économiques seront-ils prêts à continuer à financer cette publication ? L’arrêt d’Al Khabar n’est – hélas- que question de temps…Une nouvelle fois, les salariés (journalistes et techniciens) de cette entreprise de presse seront appelés à supporter le coût de « leur » crise.

S.L.

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