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Grand prix de la presse. Chronique d’une soirée morose

5 février 2014

La  cérémonie de remise des prix aux lauréats de la 11ème édition du Grand Prix National de la Presse (GPNP) n’a pas créé la surprise. Le 23 décembre 2013 à Rabat, le monde des médias au Maroc s’est offert une (nouvelle) soirée morose. Le film d’une cérémonie politiquement correct.

Guerre des médias
Très courue par les ministres, les patrons des chaines publiques, les producteurs audiovisuels et les éditeurs de journaux, cette soirée a été boudée par une partie des journalistes des médias privés. Depuis l’arrivée du gouvernement Benkirane, cet événement offre une tribune pour le chef du gouvernement et Mustapha El Khalfi, ministre de la communication pour passer des messages à leurs adversaires dans l’audiovisuel (Stail et Laraïchi). Lors de l’édition précédente, l’hommage rendu à Touria Souaf, journaliste à 2M, a été instrumentalisé par Benkirane pour régler ses comptes avec Stail, la directrice des infos à la chaine d’Ain Sbaâ. Cette année, Benkirane profite des honneurs rendus au présentateur M’hamed Bhiri pour « titiller » Laraichi, PDG de la SNRT. Mise à part, cet entracte politico-médiatique, cette soirée est à oublier.

Le consensus tue la soirée
Mohamed Amoura, célèbre voix radiophonique, fait de son mieux pour animer la soirée, mais sans succès. L’assistance écoute religieusement le prêche de El Khalfi, défendant son bilan annuel qu’il qualifie « d’exceptionnel ». La remise des huit prix aux heureux gagnants est loin d’être un moment de communion et d’euphorie. Les remerciements sont consensuels, même trop. La palme du politiquement correct de la soirée revient à Moubarak Rabii, écrivain et président du jury du GPNP.

Il commence la lecture d’un discours fleuve, préparé à l’avance, par cette phrase : « Dans ces situations, les mots m’échappent ». Vive l’imagination du romancier.

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Les organisateurs sont pressés d’en finir avec cette soirée qui n’a que trop duré. Un empressement qui dissimule une volonté de cacher la réalité d’un secteur qui vit à deux rythmes. Le rythme du Maroc officiel, baigné dans son autosatisfaction et le rythme des médias et des journalistes au quotidien. Un vécu marquée par une crise sans précédent dans le secteur de l’audiovisuel comme pour la presse écrite. Les indicateurs de participation au GPNP montrent ce décalage.

La cuvée 2013

Comme à l’accoutumée, le jury a du prolonger la période de dépôt de candidatures pour toutes les catégories. C’est dire que les journalistes ne se bousculent plus pour participer à cette compétition. Pourtant le gagnant emporte avec lui un joli chèque de 85 000 DH.
Pour cette édition, le jury a reçu 112 productions, réparties comme suit : TV (21), radio (20), presse écrite (37), Agence MAP (10), presse électronique (2), production amazigh (18) et production hassani (4). A noter que les trois dernières catégories viennent d’être créées cette année. La presse électronique n’a pas connu de forte participation. Retrouvez sur ce lien, le palmarès de cette édition. Et bravo aux vainqueurs !

S.L.

P.S : Cette critique du GPNP a pour but d’attirer l’attention des organisateurs et le monde des médias en général pour revoir la conception de cette soirée. Les médias marocains méritent mieux. Et merci.

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