Points de vue

Le journal Al Mountakhab est-il un sapeur pompier?

23 avril 2013

                         

Le journal sportif exige le départ de la Fédé.
Le journal sportif exige le départ de la Fédé…en 2004

Je l’avoue: je suis un lecteur régulier de Al Mountakhab. Adolescent déjà, je lisais le bi-hebdo sportif de référence au Maroc. Cette digression est pour dire que j’ai compris les réflexes de la direction de ce support. Al Mountakhab est dirigé par le duo Idrissi-Badri, deux vieux routiers de la presse sportive qui savent comment surfer sur chaque vague. Passons du triomphalisme à l’apocalypse sportif au fil des semaines, sans trembler.

La défaite de l’Equipe nationale (EN) de foot en Tanzanie a offert à ce journal une occasion en or pour casser du “sucre” sur le dos de Taoussi, la FRMF, les joueurs locaux, et tout ce qui bouge autour de l’EN. Il est tout de même étonnant de lire que tout ce monde s’est trompé et que Al Mountakhab le savait d’avance. Mais bon, pour ne pas plomber le moral des troupes avant “ce match décisif”, les illustres journalistes n’ont pas souhaité l’écrire!

La presse sert d’abord à détecter les probables erreurs et à questionner les choix d’un décideur, quelque soit son domaine. Venir, après coup, nous dire qu’il y a eu des erreurs, quel scoop!

Sur la réaction d’une partie de la presse sportive marocaine dans de pareilles situations, j’ai ma petite hypothèse là-dessus, je l’appelle “la stratégie du sapeur pompier”: Cette presse prête allégeance aux fédérations sportives. Dans le cas du foot, c’est même flagrant. En ces temps de météo sportive défavorable, ces médias ne peuvent pas défendre leurs “alliés”, alors rien de mal que de faire appel à une stratégie de l’indignation. Une belle manière de canaliser la colère populaire. Cette indignation est inoffensive pour le système en place. Elle est loin de produire de l’action et de la réflexion, encore moins du changement. Une grande manchette de Al Mountakhab soulage le lecteur frustré, en attendant que la tempête passe.

Pour comprendre l’échec continu du sport marocain, les médias spécialisés devraient servir à leurs lecteurs des analyses de fond, des enquêtes et des reportages. Je sais qu’écrire ces genres journalistiques est un blasphème pour la presse sportive. Ne me demandez pas pourquoi…

S.L.

N.B: J’ai pris l’exemple de Al Mountakhab car c’est une vraie institution dans ce segment de la presse. Sa longévité (27 ans) et ses ventes (24907 exemplaires vendus en 2012 selon l’OJD ) parlent pour lui

 

0 Partages

Only registered users can comment.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *